Sortir du statu quo

La Mauritanie traverse l’un de ses moments les plus sombres. Les vieilles diatribes que l’on entend de part et d’autre n’inspirent pas confiance, quant à la possibilité de mener un dialogue qui puisse permettre au pays de repartir sur de nouvelles bases.

La Mauritanie traverse l’un de ses moments les plus sombres. Les vieilles diatribes que l’on entend de part et d’autre n’inspirent pas confiance, quant à la possibilité de mener un dialogue qui puisse permettre au pays de repartir sur de nouvelles bases.

Les discours d’exclusion que distillent certains chantres de l’arabité à outrance s’entrechoquent de façon inévitable avec les réactions identitaires des Négro-mauritaniens (pulaar, soninké, ouolof) auquel s’ajoutent, de plus en plus, une importante frange de la composante harratine galvanisée par le discours de Biram Dah Abeid, qui ne se contente pas de son statut de député, après avoir confirmé, à plusieurs reprises, son statut de premier des opposants, en arrivant second à la présidentielle de 2014, derrière Mohamed Ould Abdel Aziz, et en 2019 et 2024, derrière Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani.

Cette situation rappelle, à bien des égards, celle des premières années de la « démocratie », quand le duo Ahmed Ould Daddah-Messaoud Ould Boulkheir travaillaient à une improbable alternance en voulant la chute de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya qui ne surviendra que beaucoup plus tard par le coup d’Etat du 05 août 2005. Elle est surtout le retour insidieux des revendications de la composante négro-africaine du pays qui reprend sa lutte pour une meilleure redistribution du pouvoir à tous les niveaux.

Le retour au-devant de la scène politique de ces divisions préjudiciables à l’unité des Mauritaniens est loin d’être le fait – l’effet – d’un hasard. Tout le monde court derrière la préservation d’un acquis, donc le maintien d’un statu quo, ou de la conquête d’une position qui lui permet de rivaliser avec l’autre partie qu’il considère non seulement comme un adversaire mais un ennemi.

Voyez-vous comment des intellectuels maures, beydanes, comme disent les Négro-africains, travaillent à imposer leurs vues sur la toile, en véhiculant un discours de discorde, prenant pour prétexte l’arabité de la Mauritanie, le « lien » inextricable, disent-ils, entre maures blancs et maures noirs (haratines) et voyez comment l’autre partie répond à ce qu’elle considère comme une volonté d’exclusion, voire de « génocide culturel », pour parachever ce qui a été entrepris en en 1989 et 1991, comme tentative de « dénégrification » .

D’aucuns considèrent que ces forces qui tentent de réaliser ces noirs projets, qu’il s’agisse de ceux qui veulent une Mauritanie uniquement arabe ou de ceux qui cherchent à exister comme partenaire dans la construction et la gestion d’un Etat-Nation risquent de s’auto-détruire. Un risque que favorise la faiblesse d’un pouvoir divisé aujourd’hui en deux camps, entre partisans du Premier ministre et soutiens du ministre de l’Intérieur, alors que tout le monde crie à hie et à dia travailler pour la réussite du second mandat du président Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani ! Un sursaut national est nécessaire urgemment pour dire à ces forces sataniques de stopper leurs manèges.

Ould Mouritani