Gouvernance : péril en la demeure

Gouvernance péril en la demeure

Le dernier remaniement ministériel a confirmé ce que les Mauritaniens savaient déjà : la gouvernance de l’échec : le paraître.

Une chose dans laquelle l’actuel Premier ministre Ould Diay excelle, à croire que c’est le domaine de toute sa formation académique et politique. Cela a réussi avec Ould Abdel Aziz, avec la suite que l’on connaît, et Ghazouani a aussi mordi à l’hameçon.

A croire qu’il ne jure plus que par le nom de ce Premier ministre dont les échafaudages de politique politicienne ont désamorcé plus d’un.

Dans son bras de fer avec le ministre de l’intérieur, le PM a peut-être gagné quelques batailles mais pas la guerre.

Un tiraillement qui fragilise le président Ghazouani et l’oblige à se soumettre au diktat des lobbies tribalo-politiques, avec le retour insidieux des pouvoirs des cheikhs et des chikhs.

Pressé par Biram Dah Abeid et par une conjoncture économique et sociale de plus en plus difficile, malgré la propagande voulant faire croire le contraire, le pouvoir joue sa survie pour tenir jusqu’à 2029 et envisager la suite, même si les deux scénarios qu’avancent certains zélés (3eme mandat ou dauphinat) semblent de plus en plus compromis par les dérives politiques actuelles : maintien en prison de l’ancien président Aziz, restriction des libertés publiques, corruption à grande échelle, clientélisme, etc.

Et puis, ce dialogue qui ne vient pas et dont certains doutent même de l’utilité, donnant raison à BDA qui pense que c’est une machination pour préparer le troisième mandat.

Quoiqu’il en soit, le PM a montré ses limites.

Il y a plus de tintamarre autour des projets, notamment la modernisation de la capitale Nouakchott, que de réalisations pouvant impacter durablement la vie des citoyens.

On dit chez nous qu’un mensonge peut remplir un sac mais que mille autres (qui viennent après) le laisseront vide.

Ould Mouritani